Plateau des Glières, balcon secret de Haute-Savoie, conjugue grandeur alpine et mémoire indomptée des maquis de la Résistance.
Entre Thorens-Glières et les crêtes du Bargy, l’itinérance relie parachutages de 1944 et estives lumineuses, sans artifice.
Sentiers muletiers, GR96 et Parmelan forment une boucle charpentée, exigeante, propice aux panoramas et aux silences.
Chaque pas honore le Monument national à la Résistance et la chapelle Notre-Dame-des-Neiges, repères d’une épopée âpre.
Anticiper deux journées offre rythme et sens, entre estives de la montagne des Auges, mont Lachat et forêts d’épicéas souverains.
| Coup d’œil |
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| Un plateau retiré où règnent calme et panoramas alpins à perte de vue. |
| Haut lieu de Résistance et de parachutages en 1943-44, mémoire vive des maquis. |
| Arriver par les sentiers muletiers plutôt que la route de Thorens-Glières pour l’immersion. |
| Format idéal : randonnée sur 2 jours avec nuit en altitude. |
| Départ au Crêt (980 m) ; montée forestière vers le col de la Buffaz (1 500 m). |
| Option panoramique : contour des falaises vers la montagne des Auges et ses chalets d’alpage. |
| Accès direct possible par le col de l’Ovine, mais la variante par les Auges est plus douce et photogénique. |
| Le plateau : une combe de 5 km, entre estives, sapins et épicéas. |
| À voir : le Monument national à la Résistance (Émile Gilioli, 1972) et le sentier historique (≈2 h, facile). |
| Hébergements randonneurs : Auberge des Glières ou Les Lanfiannes, simples et chaleureux. |
| Vues star : Mont-Blanc, Parmelan, Bargy ; bivouac mémorable au Parmelan (1 856 m). |
| Jour 2 : descente par le GR96, Notre-Dame-des-Neiges (1 454 m), La Rosière, Têtaz, Sappey, retour au Crêt. |
| Traces du maquis : passage par le chalet d’Ablon et l’itinéraire du capitaine Anjot. |
| Conseil rythme : pente soutenue ; petits pas, souffle régulier, pauses panoramas. |
| Esprit des lieux : respecter la mémoire et les pâturages ; discrétion de mise. |
Un plateau retiré, mémoire vive de la Résistance
Lieu de repli discret, le plateau des Glières fut choisi par l’état‑major de la France libre pour les parachutages d’armes. La pression du STO fit affluer les maquisards, jusqu’à constituer une force dense retranchée derrière des remparts naturels. En mars 1944, une division alpine appuyée par l’aviation lança l’assaut, entraînant la dispersion et d’âpres captures. La marche rend la mémoire tangible.
Marche par les sentiers muletiers plutôt que par la route de Thorens-Glières, l’esprit du lieu s’y offre sans fard. Pâturages rases, sapinières et falaises calcaires composent un amphithéâtre pastoral d’une sobriété magnétique. Silence absolu sur la combe des Glières.
Itinéraire en deux jours, entre cols, combes et traces de maquis
Jour 1 – Du Crêt aux Auges, au rythme des pentes
Hameau du Crêt, 980 mètres, le sentier s’attaque au versant sous le couvert des hêtres et épicéas. Les trouées révèlent les pentes brutes du mont Lachat et de la montagne des Auges, bastions naturels qui dominent la combe. L’ascension gagne le col de la Buffaz à 1 500 mètres, où l’épaule s’offre et le souffle se règle.
Sentier à flanc sous les falaises, la progression contourne la muraille au lieu de viser le col de l’Ovine tout droit. L’itinéraire rejoint les dernières pentes herbeuses de la montagne des Auges près d’un refuge d’alpage, balcon ouvert à 1 760 mètres. En contrebas s’étire la combe, longue de cinq kilomètres, large d’un à deux, modelée par l’estive savoyarde. La montagne des Auges, rempart naturel.
Chalet d’Ablon à 1 405 mètres, la sente rappelle la retraite du capitaine Anjot le 26 mars 1944. Option bivouac au Parmelan, 1 856 mètres, où la sapinière cède la scène au massif du Mont‑Blanc. Arêtes calcaires, lapiaz et ciel vaste signent une veillée trois‑étoiles.
Jour 1 – Mémoire en marche, du monument au sentier historique
Monument national à la Résistance, œuvre d’Émile Gilioli érigée en 1972, la sculpture dresse un V solaire. Le sentier historique débute à proximité, déroule témoignages et haltes sur près de deux heures. Noms, visages, lieux et actes composent un récit ancré dans le relief. Ici, la montagne reste théâtre et refuge.
Hébergement sur le plateau, l’Auberge des Glières propose une halte simple et chaleureuse. Le gîte‑restaurant Les Lanfiannes accueille les randonneurs, table soignée et couchage rustique. Nuit courte, regard long, étoiles vigilantes au‑dessus des alpages.
Jour 2 – Retour en vallée par la grande combe
Tracé du GR96, la descente suit le fond de la combe entre dolines, prairies et bosquets sombres. La chapelle Notre‑Dame‑des‑Neiges, 1 454 mètres, formait un point d’appui névralgique sur l’axe est‑ouest. Prière brève, pensée durable, horizon clair malgré les cicatrices.
Lieu‑dit La Rosière, le balisage quitte le GR pour la cabane de la Têtaz, puis plonge vers Le Sappey. Petite route retrouvée, la boucle se referme sur le Crêt, avec 500 mètres de dénivelé en mémoire. Marcher, respirer, regarder: mémoire en mouvement.
Paysages, saisons et variantes d’itinéraires
Combe ourlée de sapinières et d’épicéas, lapiaz du Parmelan, pelouses de l’Auges, le décor varie à chaque pas. Printemps clair ponctué d’anémones, été résonnant de clarines, automne cuivre, hiver austère taillé dans le givre. Points de vue sur le massif du Mont‑Blanc, le Chablais et les Aravis selon la limpidité du jour.
Partie nord accessible par le massif du Bargy, variante plus sauvage qui frôle les arêtes et les combes froides. Accès par Thorens‑Glières pour qui privilégie la route, puis marche douce sur le plateau. Choix d’approches multiples, exigence commune: rythme régulier, lecture du terrain, respect des estives.
Conseils pratiques et ressources utiles
Carte, eau, vêtement chaud et marge horaire composent un trio prudent pour ce relief changeant. Les sentiers muletiers restent lisibles, mais la météo imprime sa loi sur le calcaire. Mieux vaut préférer une montée matinale, l’ombre des sapins servant d’alliée fidèle.
Renseignements, actualités d’accueil et informations de terrain se consultent via l’Office de tourisme d’Annecy. Une ressource éclairante figure ici : métamorphose de l’Office de tourisme d’Annecy. Contacts locaux et saisonnalité y trouvent une synthèse concise.
Repères historiques
Hiver 1943‑44, parachutages nourris pour armer la Résistance et tenir le plateau des Glières. L’effectif grimpa au‑delà de 450 hommes, galvanisés par l’enjeu et l’altitude protectrice. L’attaque allemande força la dispersion le 26 mars 1944, sous la pression combinée des troupes et de l’aviation.
Environ 250 résistants furent capturés, exécutés ou déportés, tragédie gravée dans la pierre et la neige. Le Monument national à la Résistance incarne un espoir debout, V de victoire irradiant son rayon symbolique. Mémoire et marche s’entrelacent, donnant au paysage une densité rare et durable.