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EN BREF
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L’étendue de la pression touristique sur le parc immobilier urbain n’a jamais été aussi visible que depuis la publication récente du “Touriscore”, élaboré par la start-up spécialiste des classements “Ville de rêve”. D’après cette étude, Lourdes fait face à un phénomène de sur-tourisme qui impacte la vie quotidienne de ses habitants, quand Tarbes tire son épingle du jeu avec un score nettement meilleur. Analyse des résultats, signification du Touriscore et perspectives pour ces deux villes pyrénéennes.
Lourdes en proie au sur-tourisme
À Lourdes, le Touriscore affiche la lettre D, synonyme d’une pression touristique particulièrement forte. Inspiré du Nutriscore pour les produits alimentaires, ce classement mesure l’impact du tourisme sur l’immobilier urbain via différents critères, dont la capacité d’accueil touristique et la proportion de logements en location de courte durée. Dans le centre-ville de Lourdes, un logement sur dix est dédié au tourisme, témoignant d’un déséquilibre significatif entre les besoins des habitants permanents et l’accueil des visiteurs.
Le poids du tourisme à Lourdes conduit à ce que certaines statistiques soient édifiantes : il existe deux fois plus de logements touristiques que d’habitants, et trente pour cent des annonces immobilières publiées concernent une location de courte durée à destination de visiteurs. Cette situation entraîne non seulement une raréfaction des logements classiques, mais également une hausse des prix et des loyers, provoquant le départ progressif des personnes aux revenus modestes hors du centre-ville. Ce phénomène, observé dans d’autres destinations très prisées à l’échelle européenne comme à Barcelone ou dans certaines villes espagnoles, alimente le débat sur la régulation du tourisme urbain.
Une évolution des modes d’hébergement
Depuis 2015, Lourdes a connu une diminution notable du nombre de chambres d’hôtels, passant de 23 682 à 18 074 en une décennie. Cette baisse du parc hôtelier s’est produite en parallèle d’une explosion de l’offre de locations touristiques. Sur les plateformes telles qu’Airbnb, le nombre de logements proposés est passé de 493 en 2015 à plus de 2 200 en 2025. Cet engouement pour la location courte durée illustre la mutation du secteur, mais accentue également la compétition pour le logement, souvent au détriment des résidents.
Ce phénomène de sur-tourisme n’est pas isolé et rejoint les préoccupations de mobilisations citoyennes observées ailleurs, comme aux Îles Canaries, où la population s’organise contre les conséquences négatives du tourisme de masse. La saturation de l’offre de logement touristique à Lourdes représente ainsi un défi urgent pour préserver la qualité de vie des habitants, confrontés à une concurrence de plus en plus vive pour leur propre habitat.
Tarbes se fait une place sur Airbnb
Contrairement à Lourdes, Tarbes bénéficie d’un marché immobilier bien moins tendu par le tourisme. Le centre-ville obtient un Touriscore B, positionnant la ville parmi les bons élèves du classement français. Avec seulement 4 135 logements pour 44 000 habitants, la pression touristique reste modérée, ce qui permet à la population locale de conserver un accès raisonnable au logement.
Néanmoins, l’étude souligne un point d’alerte : le nombre d’annonces Airbnb à Tarbes est dix fois supérieur à la quantité de logements nouvellement construits entre 2019 et 2021. Ce déséquilibre pourrait à terme engendrer une pression accrue, si la tendance se poursuit sans encadrement. Pour autant, Tarbes offre pour l’instant une situation immobilière sécurisée, permettant à la ville de se démarquer dans un contexte national parfois difficile pour les résidents urbains.
Le Touriscore, nouvel indicateur clé pour les villes françaises
Le Touriscore s’impose comme un instrument précieux pour mesurer l’impact réel du tourisme sur les marchés immobiliers locaux. Cette évaluation s’intéresse autant à la densité de logements touristiques qu’à leur proportion vis-à-vis des résidents, et met en lumière l’apparition de nuisances vécues au quotidien par les habitants. Face à la montée du tourisme de masse, détectée également dans le déclin touristique du Pays de la Loire, le Touriscore répond à une nécessité de transparence quant aux mutations urbaines et leur influence sur la qualité de vie.
L’étude insiste sur le fait que chaque nouveau meublé touristique prive le marché local d’un logement destiné aux populations permanentes, contribuant à la rareté et à l’envolée des prix. Une problématique partagée par d’autres destinations qui cherchent à limiter les nuisances et à inventer d’autres modèles de cohabitation urbaine, à l’image des tendances de voyage 2025 qui invitent à explorer des destinations émergentes et moins saturées.
Vers de nouveaux équilibres pour l’attractivité urbaine
Si l’essor du tourisme continue de redéfinir la physionomie des villes comme Lourdes et Tarbes, la prise en compte de la pression immobilière et la recherche d’équilibres durables deviennent incontournables. Les habitants souhaitent un cadre de vie préservé dans lequel l’attractivité touristique ne rime pas forcément avec exclusion ou spéculation. Des initiatives émergent pour valoriser les patrimoines et traditions locales, comme le suggère l’organisation de week-ends thématiques à Thiers, qui s’inscrivent dans une logique d’accueil respectueuse à taille humaine.
Les leçons tirées de l’étude soulignent que la gestion de l’attractivité touristique doit impérativement être conçue en harmonie avec la vie locale. Seule une planification foncière et une régulation adaptées permettront de concilier le dynamisme économique et le bien-être de tous, habitants comme visiteurs.