Oubliez les clichés du retraité qui bronze face à la Grande Bleue : la randonue, version randonnée sans textile, affole les compteurs et attire un public curieux de liberté et de nature. Un sondage récent révèle que près de 25% des adultes en France ont déjà pratiqué le naturisme, et qu’environ un tiers des 18-34 ans ont tenté l’expérience. Pourquoi cet engouement ? Pour la sensation d’un corps qui se réapproprie l’espace, loin des plages balisées, et pour un rapport direct aux éléments, entre grand air et douce vulnérabilité. La règle d’or reste simple : on marche comme tout le monde, on se couvre quand on croise du monde, par respect et prudence. Et oui, certains poussent l’aventure jusqu’à la rando-raquette hivernale, en « tenue de peau », au rythme de l’effort qui réchauffe.
La randonue s’invite hors des clichés et s’installe sur les sentiers de France. Portée par des chiffres éloquents, un public plus jeune et une quête de liberté post-Covid, cette pratique naturiste renaît entre montagnes, forêts et vallées, avec une étiquette de discrétion bien rodée et une organisation millimétrée. Du cadre légal à la préparation des itinéraires, des sensations fortes de la rando-raquette aux traversées silencieuses de la forêt de Brocéliande, tour d’horizon divertissant et documenté de cette façon très nature de randonner… sans textile, mais avec beaucoup de tact.
Des chiffres qui bousculent les clichés
Finie l’image du naturiste immobile sur une plage bondée. Selon un sondage Ipsos pour la Fédération française de naturisme (FFN), environ 25% des adultes en France ont déjà essayé le naturisme. Mieux encore, près d’un tiers des 18-24 ans et des 25-34 ans disent avoir tenté l’expérience. Ce renouveau tient notamment à deux portes d’entrée plébiscitées par la jeune génération en quête de réappropriation du corps : le naturisme urbain et la fameuse randonue.
Des origines à la renaissance
La marche en tenue de peau n’est pas une lubie du jour. On en retrouve la trace en Allemagne dès les années 1930. En France, le renouveau s’est amorcé au tournant des années 2000, notamment dans les calanques de Marseille, porté par des passionnés comme Bruno Saurez, figure phocéenne et historien amateur du mouvement. Depuis, la randonue s’est répandue aux six coins de l’Hexagone avec un enthousiasme contagieux.
De la plage aux sentiers : pourquoi ça séduit
Un rapport au corps et à la nature
Marcher sans textile, c’est redécouvrir le paysage à fleur de peau. On se rappelle aussitôt que le corps humain est à la fois simple et vulnérable : une ronce chatouille, une bise mordille, un rayon de soleil recharge. Cette exposition maîtrisée offre un sentiment de connexion et de lâcher-prise que bien des randonneurs ne retrouvent pas avec trois couches polaires et deux filets techniques.
L’appel de l’espace post-Covid
La plage naturiste a ses frontières, la montagne son horizon. Depuis la pandémie, la soif d’espace et de nature s’exprime plus fortement sur les sentiers. Une longue boucle de 18 km peut se dérouler en quelques heures avec à peine quelques rencontres. Là-haut, le chronomètre fait moins de bruit que le vent, et la liberté tient en une paire de chaussures… et un chapeau.
Cadre légal et étiquette de discrétion
La règle d’or quand on croise du monde
La randonue se pratique dans le respect d’autrui. Principe simple : dès que l’on entend ou croise quelqu’un, on enfile un vêtement. Une serviette, un short, un paréo : l’idée est de ne rien imposer à des passants non avertis. Cette courtoisie facilite la cohabitation avec les randonneurs « textiles », généralement plus curieux que réprobateurs.
Ce que dit le droit
Une circulaire de 1993 admet la pratique du naturisme dans des lieux aménagés. En dehors de ces zones, la marche nue peut, en théorie, tomber sous le coup d’une qualification d’exhibition si elle est imposée au regard d’autrui. D’où l’importance de choisir des itinéraires peu fréquentés, de se couvrir en cas de rencontre et de rester discret lors des pauses. Bref : la sérénité avant la célébrité.
Organisation aux petits oignons
Choisir l’itinéraire et préparer le terrain
Les groupes expérimentés fonctionnent comme de petites agences d’exploration. On sélectionne le parcours, on réalise des reconnaissances, on repère les zones où se rhabiller, on établit une feuille de route, puis on fixe un premier rendez-vous pour le covoiturage et un second au départ de la marche. Des associations comme l’ARNB (Association des Randonneurs Naturistes Bretons) programment des sorties toutes les deux semaines d’avril à octobre, de la forêt de Brocéliande à la Vallée du Canut, et publient des comptes rendus détaillés pour inspirer les suivants.
Saisons, météo et équipement malin
Printemps généreux, été en sous-bois, automne doré… et même hiver : la rando-raquette a ses adeptes, qui s’habillent et se découvrent au rythme de l’effort. Indispensables : bonnes chaussures, protection solaire, couvre-chef, sac léger, et de quoi se couvrir instantanément en cas de rencontre, de brise ou de nuage chafouin. La tenue est minimaliste, la prudence maximaliste.
Des terrains de jeu inspirants
Forêts, vallées et rivières
Les sentiers confidentiels, le maquis odorant, les vallons aux herbes hautes : la randonue préfère les terrains aérés où l’on respire large. Pour varier les plaisirs, les berges et canyons offrent des cadres splendides : les idées de parcours autour du fleuve Var donnent envie de filer explorer des gorges fraîches et des belvédères en balcon, toujours avec l’étiquette de discrétion dans la poche.
Montagnes et neige sans chichis
Quand l’épingle à cheveux succède au pierrier, l’expérience devient presque méditative. Les itinéraires d’altitude exigent une préparation accrue, surtout en hiver. Les amoureux des grands espaces trouveront de l’inspiration dans des escapades comme la ski-rando à la Meije : de quoi penser gestion du dénivelé, fenêtre météo et sécurité, que l’on soit en tenue minimale ou en doudoune intégrale.
Idées d’évasion douce
Quand le thermomètre fait la moue, cap sur des climats plus cléments. Une île portugaise à 25 °C invite à marcher léger sur des sentiers volcaniques et des levadas ombragées. Envie d’un frisson aérien après la marche ? L’aventure hike & fly en parapente marie effort et vol plané, le grand écart parfait entre terre et ciel. Pour d’autres pistes outdoor, consultez aussi cette ressource complémentaire pleine de bons plans escapades.
Des regards qui évoluent
Textiles et naturistes : la cohabitation apaisée
Les incidents sont rares et, le plus souvent, les rencontres se terminent par un sourire ou une question polie. Les forces de l’ordre se montrent en général pédagogues quand la discrétion est au rendez-vous. Signe des temps : il n’est plus nécessaire de « vivre caché pour vivre heureux » ; les mentalités se détendent, les esprits aussi. Et dans les villages au nom taquin, même les gendarmes ont de l’humour.