Séjournez dans cet hôtel unique où votre tête repose en France et vos pieds plongent en Suisse

EN BREF

  • Hôtel Arbez à La Cure (Haut-Jura) : coupé par la frontière franco-suisse depuis 1863 — tête en France, pieds en Suisse.
  • Détails insolites : escalier change de nationalité à la 7e marche, salle à manger binationale.
  • Style et chambres : 10 chambres boisées, esprit refuge montagnard, Les Rousses à deux pas.
  • À table et à l’addition : tarifs dès 89€ (double) / 109€ (triple) ; brasserie et filets de perche au savagnin et morilles.
  • Ambiance & pratique : charme historique mais un peu daté, route frontalière matinale ; parking gratuit côté français.
  • Origines rocambolesques : bâti par le contrebandier Ponthus entre le traité des Dappes et sa ratification ; sauvé par l’article VII ; jadis bar FR et magasin CH.
  • Heures sombres : en Seconde Guerre mondiale, Max Arbez y fait passer des réfugiés vers la Suisse neutre ; reconnu Juste parmi les nations.
  • Légende locale : surnom « Arbézie », fantaisie de principauté au drapeau triangulaire.

Envie d’une nuit à cheval sur deux pays ? Posez votre tête en France et laissez vos pieds filer en Suisse dans cet hôtel du Haut‑Jura, niché à La Cure, où la frontière traverse les murs depuis 1863. Ici, l’escalier change de nationalité à la 7e marche, la salle à manger joue les doubles législations, et l’ambiance refuge de montagne flirte avec l’anecdote historique. Une adresse singulière, entretenue par la famille Arbez depuis des générations, pour les curieux en quête d’un séjour vraiment pas comme les autres.

Envie d’une adresse qui bouscule la géographie avec humour et panache ? À La Cure, dans le Haut-Jura, l’Hôtel Arbez fait passer la frontière franco-suisse… au milieu de votre séjour : une chambre peut avoir l’oreiller en France et le pied du lit en Suisse, un escalier change de pays à sa 7e marche, et la salle à manger jongle avec deux législations. Entre décor montagnard, anecdotes savoureuses, pages d’histoire — de 1863 à la Seconde Guerre mondiale — et cuisine locale (bonjour les filets de perche au savagnin et morilles), cette halte insolite séduit autant les amoureux de patrimoine que les voyageurs en quête d’un récit à raconter.

Planté exactement sur la ligne qui sépare les deux pays, l’Hôtel Arbez a le chic d’être une adresse montagnarde… binationale. Certaines chambres sont littéralement « à cheval » sur la frontière, la célèbre cage d’escalier prend la nationalité suisse à la 7e marche, et la salle à manger vit sous deux réglementations à la fois. Ici, on dort, on dîne et on papote en changeant de pays sans quitter ses chaussons.

Un refuge du Haut-Jura à cheval sur deux pays

L’établissement compte une dizaine de chambres au charme boisé, façon cocon après-ski du Haut-Jura. On est dans l’esprit « refuge », avec cette particularité joyeuse : raconter au petit-déjeuner que votre couette était en France pendant que vos chaussettes visaient la Suisse.

Chambres, tarifs et esprit montagnard

Les prix restent sages pour un mythe de frontière : à partir de 89€ la double, et 109€ pour trois personnes. La station des Rousses est à quelques kilomètres, parfaite pour chausser les skis avant de rentrer siroter une boisson chaude dans le bois chaud de la maison.

À table, deux pays et un terroir

À la brasserie, on sert une cuisine du coin qui fait parler d’elle, notamment les filets de perche au savagnin et morilles — un plat plusieurs fois salué par les clients. C’est l’endroit idéal pour comparer les traditions gourmandes de part et d’autre de la frontière… sans bouger votre chaise.

Charme authentique… et petites rides

Sur Tripadvisor, les avis se partagent : beaucoup louent l’atmosphère unique et l’âme intacte du lieu ; d’autres parlent d’un ensemble un brin daté qui gagnerait à être rafraîchi. La route frontalière peut réveiller les matinaux, mais on se console avec le parking gratuit côté français et l’incomparable plaisir d’un lieu où l’on lit la frontière sur la façade, bornes et drapeau triangulaire en vedettes.

Une histoire de frontière, de ruse et de destin

Si l’hôtel coupe la carte en deux, ce n’est pas un hasard. Tout commence à la fin de 1862 : la France de Napoléon III et la Suisse redessinent la délimitation par le traité des Dappes. En attendant la ratification (définitive en 1863), un malin du cru, Ponthus, dont le terrain est concerné, bâtit en urgence une maison pile sur la ligne. Sommé de stop par les autorités helvétiques, il persiste. Coup de théâtre : une clause protégeant les « droits acquis » à la ratification empêche toute démolition. La maison frontalière est sauve.

Du comptoir à l’hôtel

Ponthus en fait un commerce double face : bar côté France, magasin côté Suisse — la frontière, pour lui, c’est surtout une opportunité. À sa disparition en 1895, ses fils orientent le lieu vers l’hôtellerie. En 1921, Jules-Joseph Arbez rachète la maison et la baptise « Hôtel Franco-Suisse ». Le ski se développe, la légende locale aussi : l’adresse devient l’étape préférée des collectionneurs d’anecdotes.

Une famille, un surnom, et un drapeau triangulaire

La famille Arbez tient les rênes depuis 1921 et cultive l’esprit des lieux. Le député jurassien Edgar Faure lui forge un sobriquet : « Arbézie ». L’hôte Max Arbez s’en amuse au point d’inventer, en 1958, une fantaisiste « principauté d’Arbézie » avec drapeau triangulaire, monnaie facétieuse — la « roupie arbézienne » — et des citoyens d’honneur mythiques. Une plaisanterie ? Oui. Un symbole du caractère du lieu ? Aussi.

Un escalier, des vies sauvées

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation allemande s’arrête au palier français. Max Arbez, fils de Jules-Joseph, met alors à profit l’architecture bicéphale : depuis la France, on grimpe et, à la 7e marche, on bascule en Suisse neutre. Juifs pourchassés, résistants, aviateurs britanniques : des centaines de personnes trouvent passage et protection grâce à cet escalier « changeur de pays ». Les autorités allemandes tenteront de murer l’hôtel ; le stratagème, lui, survivra.

Le courage reconnu

Le 22 avril 2012, Max Arbez est fait Juste parmi les nations par l’Institut Yad Vashem. En février 2013, sa veuve, Angèle, 103 ans, reçoit la médaille en son nom. Une page d’humanité gravée dans le bois des rampes et la mémoire du village.

Préparer votre séjour binationational

Réservez l’une des 10 chambres, précisez vos envies (vue, calme, côté français ou suisse : on est ici pour jouer avec la ligne !) et arrivez tôt pour profiter du coin. Pour les lèves-tard, demandez une chambre éloignée de la route frontalière. Pour les gourmands, tablez sur les spécialités locales et gardez de la place pour ce fameux plat de perche au savagnin.

Aux portes des Rousses

La station des Rousses est à quelques kilomètres : ski nordique, balades en forêt, lacs et fromages à foison. De quoi mêler slow travel, nature et récit historique — le combo parfait pour un week-end qui change d’horizon sans traverser la planète.

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