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EN BREF
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Relatées ce 20 novembre 2025, les deux semaines de vacances d’automne de Noé à la MJC du Rabé ressemblent à un carnet d’émerveillements : ateliers de sculpture avec des matières simples et naturelles pour les plus jeunes, immersion dans l’univers Mario pour les plus grands, salle décorée, pixel art, manette de Game Boy sans écran fabriquée à la main, tournoi Mario Kart en costumes, jeux musicaux et grand goûter final. Portée par l’énergie d’Isabelle, animatrice de l’ALSH, cette parenthèse a offert à Noé une succession d’images vives et de sensations tactiles, entre cartons, feuilles, ficelles, rires et musiques.
Chaque matin, Noé pousse la porte de la MJC du Rabé avec le même éclat dans le regard. L’air frais de saison accompagne les premiers échanges, puis l’atelier démarre : tables couvertes de cartons, bouchons, laine, écorces, coquilles, argiles autodurcissantes, tout un petit monde de matériaux de récupération et de matières végétales qui invite à explorer. Les gestes sont précis ; ils tâtonnent, fixent, tordent, assemblent, et de la matière surgissent des silhouettes d’animaux, des châteaux aux tours biscornues, des monstres souriants. Le temps s’étire et, sur la table, les sculptures s’alignent comme autant de fiertés partagées.
Pour Noé, la découverte passe par les textures. Le carton rainuré gratte un peu sous les doigts, la ficelle accroche, le bois flotte sur la colle comme un petit radeau, l’argile garde l’empreinte des pouces. Les animateurs encouragent la curiosité : on compare, on teste, on mélange, on improvise. Dans cet espace, l’imaginaire devient palpable. Les sculptures, parfois instables, tiennent grâce à une idée, un équilibre trouvé, un sourire échangé. Au mur, les créations prennent place, et la salle se transforme en galerie improvisée où chaque œuvre raconte une histoire très simple : aujourd’hui, on a osé faire.
De l’autre côté, les plus grands entrent dans une ambiance aux couleurs vives. L’univers de Mario s’invite partout : guirlandes pixellisées, grandes lettres découpées, affiches maison. Noé observe, intrigué, cette effervescence haute en couleur. Les ateliers s’enchaînent : pixel art patient et précis, création d’une manette de Game Boy sans écran – objet insolite et poétique, presque totem – et défis autour des jeux vidéo remis au goût du jour. La salle devient une petite scène où l’on partage ses passions, où l’on apprend les codes et les références, où l’on bricole pour de vrai ce que l’on voit d’habitude sur un écran.
Le dernier jour, l’énergie monte encore d’un cran. Costumes ajustés, accessoires, casquettes et moustaches : chaque participant se compose un personnage, parfois timide, parfois flamboyant. Le tournoi Mario Kart démarre sous les encouragements. On apprend à perdre, on apprend à gagner, on rit beaucoup. Noé applaudit les grands cousins d’atelier, puis file rejoindre les jeux musicaux préparés pour les plus jeunes. Les pas s’emmêlent, les regards complices se croisent, la musique guide, stoppe, relance, et les enfants, sérieux comme des chefs d’orchestre, s’accordent à l’instant. Le goûter final, parfum de chocolat et de jus de fruits, apporte sa douceur, comme une récompense pour l’ardeur de toute une semaine.
Derrière cette mécanique joyeuse, il y a des voix qui rassurent et des mains qui montrent. Isabelle, l’animatrice de l’ALSH, pose un regard attentif sur chaque étape, raconte ce fil rouge qui relie ateliers et jeux, explique comment on fait naître une ambiance où chacun trouve sa place. Le bilan, chaleureux, retient l’essentiel : un fort engouement du jeune public, des activités variées, une liberté guidée par des repères clairs. Noé, lui, retient des images nettes : le bruit d’une agrafeuse, la brindille qui devient bras, la musique qui s’arrête, les applaudissements, le sucré qui reste au coin des lèvres.
La force de ces vacances d’automne tient dans le choix des thèmes. Du côté des petits, la sculpture invite à comprendre la matière, à s’ancrer physiquement dans la création. Du côté des grands, Mario devient prétexte à la coopération, à l’invention d’objets, à la scénographie et au jeu collectif. Deux univers, deux rythmes, et une même intention : offrir aux enfants un terrain d’expériences concrètes où l’on apprend sans s’en apercevoir, où l’on s’exprime avec les mains, la voix, le costume, le décor.
Quand la salle se vide, il reste une traîne de confettis de papier, des affiches à décrocher, des sculptures à emporter avec précaution. Noé repart avec le sourire et un trésor bricolé, fragile et fièrement tenu contre lui. Ce petit objet, fait de récupération et d’idées, devient mémoire portative : on le posera sur une étagère à la maison, on le montrera, on racontera comment il a pris forme. La MJC du Rabé referme ses portes pour aujourd’hui, mais la semaine suivante, les histoires reprennent, renouvelées par d’autres mains, d’autres voix.
Pour prolonger l’envie d’évasion et de découvertes familiales, d’autres horizons se dessinent : s’émerveiller devant une transhumance entre terre et mer sur la côte du Porzay, préparer des escapades abordables autour du lac Michigan, tester l’ambiance conviviale d’un village vacances à Marmande, questionner l’ailleurs avec des vacances à Dubaï, entre admiration et critiques, ou encore anticiper l’hiver en se renseignant sur les stations de ski face au réchauffement climatique. Autant de pistes pour nourrir l’imaginaire, tout comme le font, à leur échelle sensible, les ateliers de la MJC du Rabé.