Depuis la cité spirituelle de Fès, il suffit de prendre la route pour, en moins de deux heures, embrasser un concentré de nature et de patrimoine digne d’un roman d’aventures. Entre les mosaïques antiques de Volubilis, les rêves de grandeur de Meknès et de son sultan Moulay Ismaïl, la ferveur paisible de Moulay Idriss et l’authenticité colorée de Sefrou, chaque virage dévoile un autre chapitre. Cap ensuite sur le Moyen Atlas, où les forêts de cèdres de l’Atlas autour d’Ifrane invitent à respirer à pleins poumons. Et, pour les épicuriens, les vignobles et produits du terroir signent des haltes gourmandes inattendues. Un terrain de jeu idéal pour mêler paysages grandioses, histoires millénaires et plaisirs de table—le tout aux portes de Fès.
À la découverte des merveilles : les excursions incontournables autour de Fès entre nature et riche patrimoine culturel
Envie d’explorer au-delà des remparts de Fès ? À moins de deux heures, un bouquet d’escapades mêle nature grandiose, sites antiques, méditations soufies et tables du terroir. Des mosaïques de Volubilis aux remparts de Meknès, de la ferveur de Moulay Idriss aux cèdres géants du Moyen Atlas, sans oublier Ifrane la « petite Suisse » et les domaines gourmands, voici un guide pétillant pour une journée, un week-end… ou une éternité.
Volubilis, la carte postale romaine au parfum de thym
À environ 1 h 30 de route de Fès, la cité antique de Volubilis, classée par l’UNESCO, dresse ses colonnes et son arc de triomphe au-dessus d’une plaine qui ondule comme un tapis berbère. Au printemps, les pierres prennent la pose dans un océan de verdure et de fleurs sauvages. On passe d’une domus à l’autre comme dans une galerie d’art à ciel ouvert : mosaïques mythologiques (Hylas et les nymphes dans la Maison de Vénus), scènes de pêche, cavalier acrobate… et, partout, des motifs géométriques qui font clin d’œil aux influences berbères.
Pratique et petites astuces : le site est splendide mais peu équipé. Prévoyez chapeau, lunettes, eau, et évitez les heures les plus chaudes dès mai. Des guides officiels se trouvent à l’entrée (comptez environ 15 €), tandis que le billet tourne autour de 6,5 € par personne. Les toilettes sont rustiques : mieux vaut anticiper.
Moulay Idriss, effluves de grillades et ferveur douce
À deux pas de Volubilis, la blanche Moulay Idriss s’étire sur deux collines comme un chat au soleil. Haut lieu de pèlerinage, la cité rend hommage à Idriss Iᵉʳ, fondateur de la dynastie idrisside. Même si l’accès au mausolée est restreint, on se laisse porter par la foule apaisée, on savoure une limonade à l’ombre, et on s’offre un festin dans les restaurants de grillades de la place principale, où l’addition est aussi légère qu’un souffle d’encens.
Le bon plan rigolard : « Chez Abdou », à droite en montant vers le mausolée, se repère à son chapeau rouge. Impossible de se tromper, votre appétit vous y guidera aussi sûrement qu’une boussole.
Meknès, la capitale qui a vu grand (et même très grand)
Bienvenue à Meknès, ex-capitale impériale façonnée par Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV et prince de la démesure. Les remparts atteignent parfois 15 m de haut et s’étirent sur près de 40 km. La majestueuse Bab Mansour joue la star à l’entrée de la médina, tandis que les anciennes réserves royales rappellent l’époque où l’on stockait la richesse comme d’autres collectionnent les timbres.
À ne pas rater : la médersa Bou Inania (joyau mérinide), le palais Dar Jamaï devenu musée national de la musique, et le mausolée de Moulay Ismaïl, l’un des rares ouverts aux non-musulmans, où scintillent des horloges comtoises offertes par le Roi-Soleil. Astuce : renseignez-vous sur l’avancée des travaux de restauration avant d’y aller ; certains lieux rouvrent par étapes.
Sefrou, la « petite Jérusalem » au goût de cerise noire
En bordure du Moyen Atlas, Sefrou distille une authenticité qui fait ronronner le cœur. Les échoppes débordent de fils à broder arc-en-ciel, les marchés croulent sous les légumes et les fameuses cerises noires, et les anciens caravansérails murmurent encore l’époque des routes commerciales. Dans le Mellah, les façades à balcon, un brin patinées, prêtent un charme inouï aux déambulations. Sa médina percée de sept portes semble avoir mis le temps entre parenthèses.
Le Parc national d’Ifrane, bain de cèdres et horizon de lacs
À 1 h 20 de Fès, le Parc national d’Ifrane déroule plus de 500 km² de nature classés en réserve de biosphère, royaume des cèdres de l’Atlas qui poussent entre 1 600 et 2 400 m d’altitude. Enfilez vos chaussures : deux boucles très accessibles (3 h et 4 h) partent de Michlifen et du cèdre Gouraud. Vous avez l’esprit d’aventure ? Cap sur les lacs naturels, Dayet Aoua ou Aguelmam Afennourir, paradis des oiseaux migrateurs et des photographes qui n’ont pas peur des réveils aux aurores.
Observation et éthique : le parc accueille une trentaine d’espèces de mammifères, dont les facétieux macaques de Barbarie. On admire, on photographie, mais on ne nourrit pas ! Pour sortir des sentiers battus (et du selfie avec le cèdre le plus scruté du Maghreb), faites appel à un guide officiel et privilégiez des itinéraires moins fréquentés. Le cèdre Gouraud, emblématique mais fragilisé, a besoin qu’on le ménage.
Ifrane, la petite Suisse où l’on respire à pleins poumons
Toits pentus, parcs impeccables, air vif : Ifrane cultive son style alpin avec un sérieux réjouissant. On y skie modestement l’hiver, on souffle au vert le reste de l’année, entre forêts de sapins et de chênes verts. Les amateurs de fairways trouveront un 18 trous signé Jack Nicklaus. Et si votre swing n’est pas au rendez-vous, votre sieste en terrasse, elle, le sera.
Le goût du pays : œnotourisme, huile d’olive et douceurs de ferme
Les campagnes de Fès sont un garde-manger généreux qui fait briller les yeux des épicuriens. Au Domaine de La Zouina (commune Aït Bourzuine, El Hajeb), on découvre la vigne, le cuvier et l’olive : 85 ha de vignes (étiquettes Volubilia et Epicuria) et 15 ha d’oliveraie pour une huile extra-vierge qui danse dans l’assiette. Dégustations à la carte : visite et 3 vins (environ 20,5 €), 4 vins avec huile d’olive, fromages et fruits secs (28 €), ou la formule festive avec déjeuner et 5 vins (58 €). On repart avec des truffes, fromages de chèvre, et des champignons séchés, des girolles aux morilles.
Au Domaine d’Aghbalou, les collines font le décor d’un étonnant moment gourmand autour d’un foie gras local, produit sur place. Les visites sont saisonnières : réservez impérativement et renseignez-vous sur les possibilités du jour. Enfin, halte au Domaine de la Pommeraie (Aïn Chifa Aïn Sebaa) : on y apprend à pétrir le pain traditionnel, à traire les chèvres, et l’on savoure les fromages maison avec pain chaud et huile d’olive, dans un jardin fleuri. Balades à vélo et randonnées à la demande, réservation obligatoire.
Bien manger dans la campagne fassie
À la Zouina, le bonheur est dans la vigne… et dans l’assiette : salades marocaines fines, grillades, tajine de poulet au citron, plateau de fromages de chèvre, le tout escorté de cinq vins du domaine. Le cadre est à la hauteur : salle en pierre apparente ou table dressée sous un figuier. Menus et dégustations évoluent selon la saison ; réservez et profitez du volet locavore (produits du potager inclus).
La Pommeraie joue la carte « ferme pédagogique ». On met la main à la pâte, on découvre les gestes d’antan et on s’attable pour une dégustation bucolique. Que demander de plus ? Peut-être une balade digestive dans les vergers d’Imouzzer du Kandar… et la promesse de revenir.
Où poser ses valises pour une parenthèse enchantée
À Ifrane, le Michlifen Resort & Golf déroule un univers de grand chalet chic : boiseries, cheminées, canapés moelleux signés Ralph Lauren, et surtout un spa de 3 500 m² (l’un des plus vastes d’Afrique) avec hammam et grande piscine intérieure ouvrant sur les montagnes. On compte 70 chambres et suites, une piscine extérieure, trois restaurants (gastronomie française, oriental et marocain, méditerranéen) et un parcours de golf 18 trous. Tarifs indicatifs : à partir d’environ 177 € la chambre double côté jardin, 215 € avec vue forêt et piscine, 317 € la suite senior, 355 € côté forêt.
Dans la médina de Fès, le Riad Le Calife offre l’élégance d’un cabinet de curiosités autour d’un patio en zelliges. L’accueil est aux petits soins, les 7 chambres et suites (19 à 56 m²) très confortables, et une aile avec piscine, hammam et bar à thé est en préparation. Comptez environ 110 € la chambre double et 150 € la suite, petit-déjeuner inclus.
Randos, saisons, étiquette : le mode d’emploi d’une belle virée
La meilleure période pour rayonner autour de Fès ? Printemps et automne, quand les collines sont vertes et le soleil bienveillant. Emportez eau, crème solaire, couvre-chef et un peu de espèces pour les tickets d’entrée ou les pourboires. Volubilis est à environ 1 h 30, Ifrane à 1 h 20. Dans les lieux de culte et de pèlerinage, on observe une tenue respectueuse et l’on demande avant de photographier. Pour les randonnées, misez sur des guides certifiés, qui connaissent les chemins, la faune et la flore… et les meilleurs spots pique-nique.
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