À Paris, il arrive que la Joconde se fasse détrôner par une lotion micellaire. Portée par TikTok et la vague « French Pharmacy », la Génération Z transforme les parapharmacies en étapes incontournables, où l’on traque les flacons cultes Bioderma, Avène ou Vichy. Selon Skyscanner, 55 % des jeunes voyageurs prévoient d’y faire halte en 2026: on filme ses trouvailles, on compare ses routines, puis on rentre avec un souvenir qui mousse — parce que le bien-être commence parfois au rayon soins plutôt que devant la Joconde.
Oui, à Paris, on peut délaisser la Joconde pour un panier métallique et des rayons qui brillent: les parapharmacies. Portée par TikTok, les hashtags comme French Pharmacy et des marques cultes (Bioderma, Avène, Vichy), une nouvelle vague de voyageurs – surtout la génération Z – fait de la chasse aux soins de la peau un vrai rituel touristique. Une étude de Skyscanner menée avec OnePoll en juillet 2025 auprès de 1000 Français révèle ainsi que 55% des jeunes prévoient d’inclure ces boutiques de soins durant leurs séjours dès 2026. Des files devant les enseignes à Paris, des stories par milliers, et même des détours par les stations thermales de Vichy pour goûter à l’eau thermale et aux cures: le tourisme de bien-être change de visage, sans renier le glamour made in France.
À l’heure où les voyages se programment au rythme des trends, il n’est plus rare de voir un itinéraire parisien jalonné d’adresses comme une parapharmacie du 12e plutôt que la Pyramide du Louvre. Les boutiques locales deviennent des vraies attractions: elles foisonnent de références introuvables ailleurs, de textures minimalistes, de prix futés et surtout d’une esthétique «clean» que la génération Z adore montrer en vidéo. L’étude «Tendances voyages 2026» de Skyscanner (réalisée avec OnePoll en juillet 2025, sur 1000 personnes représentatives en France) confirme la bascule: 55% des jeunes interrogés planifient de pousser la porte de magasins de soins pendant leur séjour. Le souvenir idéal? Un flacon de sérum ou un tube de crème… qui prolonge le voyage sur la peau.
Dans les allées, les visiteurs se sentent comme dans un musée du soin vivant: les marques françaises de référence, telles que Bioderma, Avène ou Vichy, y sont mises en scène par des conseillers formés et une signalétique claire. S’ajoute le frisson de la «trouvaille»: ce gel lavant que l’on ne voit jamais chez soi, ces ampoules à la vitamine C, ce spray d’eau thermale iconique. Les paniers se remplissent vite, et les vidéos aussi.
Sur les réseaux, le phénomène a pris une ampleur dingue. Sur TikTok, le mot-clé French Pharmacy multiplie les vues; une séquence tournée dans la parapharmacie «Apothical» à Paris a dépassé le demi-million de vues, preuve qu’une rangée de crèmes anti-rougeurs est devenue une star à part entière. Du côté de Reddit, le hashtag EuroSkincare décolle, et les discussions autour des routines françaises ont bondi cette année selon Reddit France. Anaïs Devaux, qui pilote le tourisme chez TikTok, le confirme: les parapharmacies fascinent les voyageurs. Et pour beaucoup, l’achat de soins devient l’objet souvenir par excellence, comme le souligne aussi Skyscanner via sa porte-parole Marie Faure-Ambroise. Dans certaines officines près des Grands Magasins, les clients chinois et sud-coréens pèsent lourd: environ 40% de la clientèle et près de la moitié du chiffre d’affaires.
Préférer la pharmacie au Louvre
Pourquoi choisir une parapharmacie plutôt qu’un chef-d’œuvre de la Renaissance? Parce qu’ici, l’œuvre d’art, c’est votre peau. L’expérience commence par une conversation: un pharmacien qui écoute, un diagnostic rapide, un conseil d’ordonnance cosmétique de poche. Loin des néons feutrés des grands musées, l’adrénaline vient des étagères: nettoyants respectueux du microbiome, écrans solaires élégants, baumes experts. Et si vous voulez peaufiner vos choix, consultez ce guide pratique pour un teint parfait en pharmacie, histoire d’aligner vos coups de cœur avec votre type de peau.
Autre plaisir coupable: comparer les formats français aux versions export. Des lotions sans parfum, des actifs dosés avec finesse, des prix souvent plus doux que dans les capitales étrangères… Les visiteurs empilent les miniatures, rationalisent la trousse, et documentent tout en story. Pour éviter de surcharger le bagage cabine, pensez à jeter un œil à cette sélection maligne: les essentiels à ne pas emporter en voyage. Oui, alléger, c’est aussi gagner de la place pour ces fameuses crèmes françaises.
Les parcours «pharmacie-first» n’empêchent pas la culture: ils la réinventent. On visite la ville par ses flacons, ses sources, ses laboratoires, ses mythologies cosmétiques. Et qui sait? Entre deux musées, vous tomberez peut-être sur l’enseigne repérée la veille sur TikTok, où un duo de laits corps fait l’unanimité. La chasse au trésor continue jusque dans le RER.
Comment ces marques françaises de soins de la peau séduisent
Le secret tient dans une trilogie très française: science, simplicité, sensorialité. Les marques historiques appuient leurs formules sur la dermatologie, les eaux thermales et des protocoles testés. C’est criant à Vichy, en Auvergne-Rhône-Alpes, où l’eau minérale naturelle nourrit à la fois les textures cosmétiques et l’imaginaire du soin. Dans la ville, certains voyageurs s’arrêtent aux sources pour «goûter» la minéralité locale, réputée soutenir l’équilibre de l’organisme. Les établissements comme Les Thermes des Dômes proposent des cures orientées rhumatismes, arthrose, récupération ou confort digestif: une tradition qui répond à l’appétit contemporain pour le bien-être.
Cette aura thermale rejaillit sur le tourisme. En 2024, Vichy a comptabilisé environ 2,1 millions de nuitées, dont un tiers de visiteurs étrangers, et ses offices ont accueilli plus de 81 000 personnes. L’office de tourisme Vichy Destinations le remarque: le tourisme de bien-être et de beauté s’intensifie, avec une clientèle de plus en plus jeune (30-50 ans) avide de spas, de soins et d’expériences axées ressourcement. Entre une brume minérale au réveil et une cure ciblée, le voyage devient routine bien-être à ciel ouvert.
Les formules, elles, racontent l’autre moitié de l’histoire: des actifs repères (acide hyaluronique, niacinamide, eau thermale) qui vont à l’essentiel, des protocoles courts, un résultat visible. À l’heure des routines à dix étapes, le «less is more» à la française a le chic de séduire sans intimider. Et sur les réseaux, le récit est parfait: avant/après discrets, textures qui «glissent», rougeurs apaisées, glow maîtrisé. Le tout dans les codes d’un luxe simple, rassurant, partageable.
Envie de varier les horizons après Paris et Vichy? L’appel du large existe aussi: le voyageur beauté peut se rêver ailleurs, du Portugal aux confins de l’Asie. Curieux? Découvrez par exemple le Timor oriental, ce joyau d’Asie encore discret, où d’autres rituels et ingrédients traditionnels composent une bibliothèque de soins bien à lui.
Massivement les jeunes touristes
Pour les 18-30 ans, tout commence sur l’écran. Repérage sur TikTok, validation sur Reddit (où EuroSkincare bat des records de conversations), itinéraire sur Maps, puis sprint vers l’adresse phare. Devant certaines officines, on croise des paniers identiques: un démaquillant culte, un écran solaire invisible, une crème de pharmacie «iconique». Les échanges en file d’attente tournent autour des routines, des sensorialités et – soyons honnêtes – de la meilleure photo possible pour le carrousel Instagram.
Le phénomène n’est pas seulement esthétique, il est aussi économique. Les officines proches des grands magasins voient affluer une clientèle asiatique – notamment chinoise et sud-coréenne – qui compte pour environ 40% des visiteurs et pèse lourd dans les ventes. Les achats «souvenirs-soins» incarnent le prolongement du séjour: on rapporte chez soi une hydratation, une promesse d’éclat, un geste français quotidien. Ce n’est plus uniquement «acheter un produit»: c’est intégrer un chapitre de voyage à sa routine matinale.
Cette nouvelle carte du tourisme dessine des opportunités de carrière et de reconversion autour du bien-être, du retail expert et de l’accueil haut de gamme. À ceux qui lorgnent le secteur et les régions en mouvement, on conseillera un coup d’œil à l’actualité économique: les emplois dans une Occitanie en expansion témoignent d’un écosystème touristique et service en plein dynamisme, où la beauté et la santé tiennent leur place.
Le voyage beauté n’empêche pas l’aventure: beaucoup alternent entre city-break soins et road-trips grand format. L’un n’exclut pas l’autre: après avoir rempli son vanity de trésors parisiens, pourquoi ne pas filer sur la côte Ouest américaine? On peut même louer un camping-car aux États-Unis et continuer la quête du glow sous les néons des drugstores US – histoire de comparer les écoles, flacon contre flacon.
Reste une certitude: la parapharmacie française a gagné ses galons de site à visiter. Elle coche les cases de la génération Z: expertise accessible, esthétique photogénique, coût maîtrisé, récit partageable. Et si le musée abrite des chefs-d’œuvre, l’officine française abrite des classiques qui s’installent dans les salles de bain du monde entier. Pour préparer votre pèlerinage beauté, soignez le repérage, allégez le sac (on vous remet ici le lien malin sur les essentiels à ne pas emporter) et gardez une place pour la pépite inattendue. Paris, ses ponts, ses musées… et ses rayons au rayon glow.