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EN BREF
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A Big Bold Beautiful Journey (souvent abrégé en A Big Bold Journey) fait se rencontrer pour la première fois à l’écran Margot Robbie et Colin Farrell sous la direction de Kogonada. Les spectateurs saluent majoritairement l’alchimie du duo et la poésie visuelle du film, tout en pointant un rythme jugé lent et un récit parfois inégal. Sur AlloCiné, la moyenne s’établit à 2,8/5 (avec 54 notes et 11 critiques, relevée le 3 octobre à 10h30). Cet article synthétise ces retours contrastés, en éclairant ce qui charme — et ce qui divise — autour de la chimie Robbie–Farrell.
Après le discret mais remarqué After Yang, le cinéaste américano-coréen Kogonada revient avec A Big Bold Beautiful Journey, sorti en salles le mercredi 1er octobre. Le film suit Sarah et David, deux célibataires qui se croisent lors d’un mariage et, par un heureux hasard digne d’un conte moderne, se lancent dans une odyssée à la fois drôle, fantastique et émotive. Guidés par un mystérieux GPS, ils franchissent une série de « portes » vers leurs souvenirs, rejouent les instants marquants de leurs vies et apprennent à se regarder autrement.
Côté réception, le consensus se forme autour du tandem Robbie–Farrell : beaucoup louent une alchimie immédiate et une palette d’émotions généreuse, quand d’autres regrettent des longueurs et une sensation de monotonie. La note AlloCiné de 2,8/5 témoigne d’un film qui fascine autant qu’il interroge, un voyage intérieur qui ne transporte pas tout le monde avec la même intensité.
Pour nombre de spectateurs, la réussite du film tient au duo. Margot Robbie insuffle une présence lumineuse et ludique, Colin Farrell répond par une gravité tendre ; ensemble, ils composent un couple de cinéma dont la connexion donne chair au dispositif mémoriel. Plusieurs avis saluent une romance « originale » qui avance d’étape en étape au gré du GPS, chaque halte ouvrant une porte sur le passé et révélant une complicité qui s’épanouit au fil du parcours. Certains évoquent même un voyage grandiose avec Robbie et Farrell, porté par une mise en scène délicate et des regards qui disent autant que les mots.
Quand la romance se double d’un voyage dans la mémoire
Fidèle à ses obsessions (mémoire, nostalgie, traces du passé), Kogonada fait de chaque « porte » un fragment de vie où la mise en scène privilégie l’épure, le rythme du souvenir et la circulation des émotions. Ce cheminement scénaristique, où l’algorithme d’un GPS finit par mener au libre arbitre, a été lu par certains comme un pied de nez à l’emprise supposée des IA sur nos trajectoires. Ceux qui apprécient ce parti pris y voient une fable sur la réinvention de soi par l’acceptation et l’accueil du changement.
Cette idée de l’errance sentimentale rejoint une veine de romances de voyage contemporaines. Les curieux pourront, par exemple, prolonger la réflexion avec la bande-annonce de People We Meet on Vacation ou son focus sur les personnages en vacances sur Netflix, ainsi qu’un décryptage de sa sortie et réception sur Netflix. Autant de récits où l’itinéraire extérieur éclaire l’itinéraire intérieur.
Ce que les spectateurs plébiscitent : alchimie, poésie et délicatesse
Les avis positifs convergent sur trois points. D’abord l’alchimie : le duo Robbie–Farrell serait l’étincelle qui attache le regard, une combinaison d’humour décalé, de douceur et d’élan romantique. Ensuite la poésie visuelle : décors, lumières et transitions dessinent un conte moderne à l’ambiance féérique, loin du cynisme ambiant. Enfin, l’émotion : la balade entre souvenirs, pertes et regrets se teinte d’une pudeur qui touche sans appuyer, avec quelques respirations de comédie qui relancent l’itinéraire.
Ce qui divise : rythme, inégalités du récit et personnages plaintifs
À l’inverse, d’autres retours jugent le rythme trop étale, la progression « chapitrée » par les portes créant une impression de monotonie. Le montage, jugé inégal d’un segment à l’autre, ferait fluctuer l’intensité, tandis que le penchant mélodramatique freinerait l’envol de la fantaisie. Plusieurs spectateurs disent avoir peiné à s’attacher à des protagonistes perçus comme trop plaintifs, au point d’éprouver parfois de l’ennui et de souhaiter une évolution plus franche, plus tôt dans le film.
Musique, danse et écrin visuel : quand la forme soutient le sentiment
Beaucoup relèvent une mise en scène soignée, inventive, et des séquences de danse qui infusent un supplément de grâce. Plusieurs commentaires citent la musique de Joe Hisaishi, ressentie comme un fil mélodique qui guide le spectateur parmi les souvenirs. Même chez les plus réservés, l’accord entre image et son, la qualité des cadres et le sens du rythme visuel sont reconnus comme des atouts qui hissent l’expérience au-dessus de la simple romance fantastique.
Repères chiffrés et perception globale
Sur AlloCiné, la note spectateurs se stabilise à 2,8/5 (échantillon de 54 notes, 11 critiques). Un score médian qui reflète une œuvre de sensations plus que d’enjeux dramatiques traditionnels : ceux qui adhèrent à la proposition sensorielle sont happés par la douceur du duo et la beauté des images ; ceux qui cherchent davantage de tension et de conflit dramatique restent au seuil.
Dans la continuité d’After Yang : la signature Kogonada
Le film prolonge le geste d’After Yang en cultivant l’art du silence, de la mémoire recomposée et de l’épure. Kogonada orchestre un dispositif où la technologie (GPS) devient tremplin vers l’intime, et où la répétition des motifs sert un récit de réconciliation avec soi-même. Les amoureux de déambulations contemplatives y trouveront un écrin ; les amateurs de récits plus nerveux pourront rester à distance.
Envie de prolonger cette pulsion d’évasion vers la vraie vie après la séance ? Entre deux films, un détour par la capitale peut nourrir l’imaginaire du voyage : voici une piste autour du retour à Paris après un grand rendez-vous mondial, pour continuer la balade, cette fois hors écran.