Au sommet de l’Idaho, une ancienne cité de mineurs se réinvente en havre de montagne feutré, entouré de forêts et de pics bleutés. Née de la ruée vers l’or et du boom argentifère, la bourgade de Mullan a troqué l’effervescence des galeries pour la quiétude des sentiers. On y explore un patrimoine minier fascinant, on photographie des curiosités locales (bonjour la fontaine d’Elmer), on skie à Lookout Pass, on pédale sur la légendaire Hiawatha Trail et on randonne vers Stevens Lake. Avec la petite ville de Wallace toute proche pour dormir et l’aéroport international de Spokane à portée de route, l’escapade est aussi simple que spectaculaire.
Plantée à l’extrême nord de l’État, à deux pas de la frontière du Montana (environ 6,5 km) et à quelque 150 km de l’aéroport de Spokane (93 miles), Mullan se love à près de 1 000 m d’altitude (3 278 pieds) sous le regard des montagnes Bitterroot. Jadis, ses rues alignaient épiceries, salles de cinéma, saloons et merceries. Aujourd’hui, le décor est plus feutré: une bourgade arborée, des horizons verts et bleus, et la sensation délicieuse d’avoir la montagne pour soi.
Fondée en 1884, baptisée en hommage au capitaine John Mullan — bâtisseur de la fameuse route militaire —, la ville s’est vite hissée au rang de pôle minier majeur de la Silver Valley. Les noms Gold Hunter ou Morning Mine résonnaient alors comme des promesses de fortune. La population grimpa jusqu’à environ 3 000 habitants avant de décliner à partir des années 1950 avec la fermeture des exploitations. Une veine bat encore: la mine d’argent Hecla Lucky Friday poursuit ses opérations, témoin vivant d’un passé qui ne s’est jamais totalement refermé.
Histoire vivante et petits trésors de bord de route
Pour plonger dans l’épopée locale sans pioche ni casque, cap sur le Captain John Mullan Museum, installé dans l’ancien Liberty Theater. L’entrée est gratuite et les vitrines débordent d’objets du quotidien, de reliques minières et de photographies d’époque. Pensez à contacter le musée avant votre venue: hors saison estivale, il peut fermer ses portes. Dans les environs, à moins de vingt minutes de route, un village minier abandonné exhale cette patine d’antan qui électrise l’imagination.
À la sortie 66 de l’Interstate 90, à peine un kilomètre du centre, vous trouverez la surprenante fontaine d’Elmer: trois structures artisanales assemblées à partir de pièces métalliques récupérées dans les anciennes mines, érigées par le mineur Elmer Almquist. L’une d’elles jaillit d’une eau claire — parfaite pour se rafraîchir et se laver les mains — et l’endroit est un spot photo aussi inattendu que photogénique. En hiver, la glace dessine autour des fontaines des sculptures transparentes tout bonnement féériques. Astuce: certains voyageurs notent que Google Maps peut vous faire rater la bretelle: guettez le petit renfoncement sur le bas-côté.
Beauté naturelle et aventures au grand air
À un peu plus de 10 km de Mullan (un peu plus de 6 miles), le domaine de Lookout Pass Ski & Recreation Area déroule 550 acres d’espaces glissants et une neige réputée abondante — plus de 10 mètres par an (400 pouces, en moyenne). On y compte 35 pistes, du calme des verts à l’ivresse des noirs. Cerise sur le télésiège: une école de ski et de snowboard gratuite pour les jeunes (6–17 ans pour le ski, 7–17 pour le snowboard), de quoi convertir toute la tribu aux joies de la poudreuse.
Lorsque la neige fond, la star s’appelle Hiawatha Mountain Bike Trail: une ancienne voie ferrée transformée en ruban de 24 km tout en douceur (15 miles) et majoritairement en descente, ombragé par des forêts généreuses et ponctué de 10 tunnels qui titillent l’âme d’explorateur. Les pass, la navette (utile pour remonter sans suer sang et eau) et la location de vélos se récupèrent à Lookout Pass. Notez que les retours d’expérience varient: quelques cyclistes mentionnent des soucis de maintenance de vélos ou de service client — anticipez, vérifiez votre matériel et réservez tôt.
Les amoureux de longues échappées pédalent aussi sur la voie verte du Coeur d’Alène (73 miles, env. 117 km) qui relie Mullan à Plummer en filant entre lacs scintillants, faune sauvage (bonjour les orignaux, aigles et cerfs) et petits bourgs historiques. Pour hausser le ton cardio, direction la boucle de Stevens Lake (environ 10,3 km aller-retour, 6,4 miles), à seulement 5 km de la ville: un itinéraire costaud et escarpé, idéal pour s’entraîner au montagnisme, qui serpente entre forêts, lacs et fleurs sauvages. Emportez de quoi grignoter, de quoi vous couvrir — et votre sens de l’émerveillement.
Le charme d’une vallée qui respire
Ce qui fait la magie de Mullan, c’est cette impression d’espace et de tranquillité: même au cœur de l’hiver, les files d’attente restent mesurées, et l’été, les sentiers se partagent sans bousculade. Entre la Silver Valley aux accents épiques et les crêtes Bitterroot qui s’embrasent au coucher du soleil, la nature s’offre en cinémascope — sans surtitre ni supplément.
Infos pratiques pour une escapade tout en douceur
On arrive à Mullan par l’I-90, à environ 150 km de l’Airport Spokane. La meilleure période? Toute l’année: neige et ski de décembre à mars (selon enneigement), VTT et randonnée de mai à septembre. La météo de montagne pouvant être lunatique, couches superposées et coupe-vent sont vos meilleurs alliés.
Côté hébergement, l’ancien motel de la ville (Lookout) ne reçoit plus; misez sur la voisine Wallace, à dix minutes, parfaite pour une escapade au calme où flâner, faire quelques boutiques, bien dîner et repartir skis aux pieds ou sac sur le dos. Le duo Mullan–Wallace coche les cases du week-end facile: pratique, charmant, raisonnablement fréquenté.
Si ces grands espaces vous inspirent des envies d’ailleurs, pimentez vos carnets de voyage: glissez une escapade automnale en Europe, rêvez d’un village breton au charme iodé, offrez-vous des parenthèses romantiques en Normandie, ou un week-end relaxant en Italie — et pourquoi pas une note urbaine avec cet ancien salon de New York qui raconte d’autres époques. Les aventures ne manquent pas; la montagne, elle, vous attend déjà.